J’entendrai par Joie une passion par laquelle l’esprit passe par une plus grande perfection. De plus, l’affect de Joie, quand il se rapporte à la fois à l’esprit et au corps, je l’appelle Chatouillement ou Allégresse.
(Baruch Spinoza)

CRÉATION DU THÉÂTRE DU VOYAGEUR

Texte / Chantal Melior & François Louis
d’après François d’Assise, J. Le Goff, C. Rosset, Dante,
W. Whitman, T. Wolfe, J. Kerouac, F. Fellini, R. Rosselini, H. Melville, J. Giono, O. Messiaen, B. Spinoza,
A. Kurosawa, M. Duras, Le Guide du Routard…

Mise en scène / Chantal MELIOR
Direction musicale et piano, Carol Lipkind,
Chorégraphie, Ariane Lacquement
Lumière, Michel Chauvot
Décors, Marine Porque
Costumes, Sandrine Baumajs
Avec Sandrine Baumajs, Olivier Courtemanche,
Manon Durand, Ariane Lacquement, Carol Lipkind, François Louis, Séraphin Mitouard et Mathieu Mottet



au Théâtre du Voyageur
Gare SNCF d’Asnières-sur-Seine (à 5 mn en train de Paris-Saint-Lazare - accès par le Quai D ou par le 34 bis, avenue de la Marne – 92600 Asnières-sur-Seine)

du 19 novembre au 19 décembre 2021
les jeudis et vendredis à 20h30,
les samedis à 19h, les dimanches à 17h.

Prix des places / PT 24 €
TR 20 € (adhérents) / 15 € (étudiants - demandeurs d’emploi) / 10 € (groupes scolaires, enfants)

réservation indispensable
06 61 56 97 60 / www.theatre-du-voyageur.com
accueil / Se munir du passe sanitaire
Selon le contexte sanitaire / bar & restauration légère.

 

Béatifique ?

Radio Canada - Beat generation : c’est vous qui l’avez inventé ce terme-là ?
Jack Kerouac – J’entendais des vieux bonhommes dire ça : beat dans le sens d’écrasé...
Radio Canada – de vaincu ?
Jack Kerouac – Oui, pauvre.
Après ça, j’suis allé dans c’t’église Sainte Jeanne d’Arc et tout d’un coup, j’me suis dit : « Ah ! Beat ! Bé – at ! »
Radio Canada – Béatitude ?
Jack Kerouac – Oui, ça a changé l’sens. Beato en italien, en français, vous dites béatifique, non ?
Radio Canada – Mais est-ce qu’il n’y avait pas aussi le sens du beat dans l’orchestre de jazz ?
Jack Kerouac – Oui, pis le sens de ça.! (fait le geste de ramer dans un canoé) Être beat, ce n’est pas seulement être pauvre ou paumé, mais également être dans un état de béatitude, comme saint François, essayer d’aimer toute vie, essayer d’être absolument sincère avec chacun, pratiquer l’endurance, la bonté, cultiver la joie du cœur.

Sur la route…

En suivant François d’Assise sur la route, nous allons à la rencontre de l’étrangeté d’un autre type d’humanité.
« Pourquoi toi ? » demande un frère à François.
Nous savons de François qu’il a vécu dans le dénuement et qu’il parlait aux oiseaux. Nous savons que malgré sa petite santé, nous n’avons pas affaire à quelque ascète lugubre. Sa joie de vivre, sa simplicité, l’innocence de son regard sur le monde, ont fait de lui l’ami du présent qui passe, celui à qui, selon la formule de Clément Rosset, le passé et le futur seront donnés par surcroît. »

Voilà un saint entouré d’une petite troupe de jongleurs..., singuliers et simples, « et subditi et viles et debiles et idiotae » , en latin. Le plus souvent, ils courent, hilares, en titubant comme des hommes avinés, et parfois, ils s’immobilisent, saisis par quelque vision béatifique. Cette ivresse se propage dans l’espace et dans le temps, et témoigne en faveur de la « joie parfaite » et de la béatitude.
Qu’ils aient ou non existé en d’autres temps, en d’autres lieux, qu’ils soient croyants ou non, ces personnages béatifiques ont en commun cette sorte de folie, qui est sagesse, légèreté, allégresse, et qui rend grâce au simple fait de l’existence.


Je m'étonne d'être aussi joyeux
Martinus von Biberach

    ---> Affiche - flyer