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Un autre diaporama --->
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d’après Don Quichotte , de CERVANTES - L’Idiot
, de DOSTOÏEVSKI – Aurore , de NIETZSCHE – La
Conjuration des Imbéciles , de John Kennedy TOOLE –
Eloge de la Folie , d’ERASME – De Rerum Natura
, de LUCRECE.
Texte et mise en scène, Chantal MELIOR
Avec Joanne Allan, Sandrine Baumajs, Véronique Blasek, Ariane
Lacquement, Carol Lipkind, François Louis, Mathieu Mottet, Siva
Nagapattinam Kasi, Nina-Paloma Polly, Tom Sandrin.
Direction musicale et piano, Carol Lipkind – Chorégraphies,
Ariane Lacquement – Lumières, Michel Chauvot.
Tous ces hardis oiseaux qui prennent leur essor vers le lointain,
le plus extrême lointain, - certes, un moment viendra où
ils ne pourront aller plus loin et se percheront sur un mât ou
sur un misérable récif - encore reconnaissants d'avoir
ce pitoyable refuge ! Mais qui aurait droit d'en conclure que ne s'ouvre
plus devant eux une immense voie libre et qu'ils ont volé aussi
loin que l'on peut voler ! (Nietzsche)
Esprits libres
Qui sont-ils ?
Des idiots – « idiôtès » en grec –
des innocents « qui ne se mêlent point de gouvernement »
– et savent bien que chacun est en proie à des pensées
doubles alors qu’eux n’en ont qu’une, ce sont des
figures empreintes de sainteté comme Don Quichotte et l’Idiot.
On pense aussi à ce regard de biais à la fois critique
et rieur des fous, comme le Fou du Roi Lear, comme les philosophes épicuriens,
qui accompagnent les hommes dans leurs errances, mais encore à
Ignatius, personnage de La Conjuration des Imbéciles , version
contemporaine et endommagée de Falstaff.
Figures libres
Confrontés à ce qu’il est convenu d’appeler
la réalité, les personnages inventent des stratégies
de fuite. Ils affirment leur indépendance et progressent sans
protection, à découvert. Ils ne sauraient ni ne voudraient
« s’intégrer ». Ils demeurent à la marge,
conscients que la frontière entre l’illusion et le réel
est indéfinie, voire factice. Insoumis à ce monde équivoque,
ils fondent leur folie sur le refus de l’ambition, de la compétition
et de la réussite sociales. Cette folie apparaît ici comme
un moyen d’accès à une conscience plus aigue.
Pour que le spectacle commence, il fallait d’abord créer
un espace d’intrusions et d’effusions, c’est-à-dire
un espace de carnaval…
En tête de cortège, quelques acteurs feignent d’être
de véritables travailleurs. Ils occupent le théâtre
pour en faire une usine...
Et puis, il fallait le vent, un vent de folie qui se lève et
les emporte sur une Nef des Fous. Les voilà donc embarqués,
loin, bien loin, confiés à la mer, à cette grande
incertitude extérieure à tout … en pleine tempête.
Un peu plus tard, on échoue sur les rives du Mississipi. Naufragé
dans un siècle impossible, Ignatius Reilly connaît un double
exil, dans l’espace et dans le temps. Les déboires de ce
gros garçon qui est obligé de travailler et qui cause
du souci à maman, constituent la trame principale.
Ensuite, arrive un Idiot, qui « vient parmi les hommes pour nous
sauver ». Il suffira de la chute d’un vase pour que tout
vacille. C’est un moment d’instabilité à saisir
pour ouvrir son cœur.
En arrière-plan, Don Quichotte et Sancho Panza, enrichissent
d’épisodes inédits et merveilleux leur épopée
chevaleresque.
Tous ces personnages s’émancipent des limites de la raison
régulatrice et inventent des rapports où peuvent se glisser
le rêve, le déraisonnable, l’insensé.
Apparitions, visions se répondent.Ces tranches de vie, hantées
par les contraintes sociales et le monde du travail, virent au fantasmagorique.
Comment se rendre dément ? Pourquoi devenir fantôme ? Est-ce
que tout est fiction ? Ici, les rêves et les illusions se vivent
comme des expériences réelles. |